"Enjoy Poverty" is a series of three films by Martens in which he raises issues regarding contemporary image production. The films prompt the viewer to think about the construction of a documentary and the role of the maker in it, and the responsibility of the viewers themselves. For "Episode III" Martens travelled for two years with his video camera in the Democratic Republic of Congo, an area marked by humanitarian disaster. Martens shows how development aid and Western photographers delineate an image of this situation. His film confronts the public with the fact that the Africans themselves do not profit from the images that foreign photographers take of them.
"Episode III: Enjoy Poverty" was awarded at the Montreal International Documentary Festival (RIDM) in 2009.
Renzo Martens was born in 1973 in The Netherlands. He lives and works in Brussels, Amsterdam and Kinshasa.
http://www.afterall.org/journal/4214/on.the.outsideexteriority.as.condition.for.resistance
Jiri Kovanda est né en 1953 à Prague, où il vit et travaille.

XXX...I walk along carefully, very carefully, as if I were on ice that might crack at any moment. - Jiri Kovanda - 1977
Photographie noir et blanc et texte dactylographié collés, sur carton blanc
October 28, 1977, Prague.
Les actions « discrètes » de Jiri Kovanda (quitter une discussion en courant, percuter les passants dans la rue, faire un tas de déchets et les disperser, regarder le soleil jusqu'aux larmes...) sont toujours documentées selon le même format : feuille A4, texte concis tapé à la machine, et quelques fois une photographie prise par une personne extérieure.
Cette action, marcher anormalement lentement, questionne la place de inidu dans l'espace de la ville par rapport à l'habitus social. Kovanda se place en décalage par rapport au rythme réglé de la marche en ville. « Une [certaine] lecture consiste à analyser les micros-interventions de l'artiste, qui ont pris place dans l'espace public sous l'ère soviétique, à Prague précisément, comme un art politique, ce que l'intéressé conteste » (extrait du journal « Particule »). A-t-il été remarqué comme « suspect » ? Son pas mime la prudence, comme s'il y avait un risque potentiel sous ses pieds. Le titre décrit et poétise en même temps la marche de l'artiste. Marcher équivaut à créer selon Thierry Davila (« Marcher, créer »).
Une relation complexe se tisse entre l'action, sa documentation, et son audience, posant la question de leur sens. Ses oeuvres ont été exposées quelques trente ans après leur réalisation pour un « deuxième public ». « Je pense que le message que j'envoyais n'était pas destiné aux personnes présentes quand les actions se déroulaient au moment concret où elles prenaient place. Il était plus destiné à ceux qui les liraient comme des actions. Ce qui m'intéressait était que quelque chose d'ordinaire, de normal, puisse se passer de cette manière. C'est la finalité des actions. Pour moi, elles n'ont pas de signification symbolique » selon les mots de l'artiste.

XXX...I had arranged to meet some friends at 7 :40 pm. I decided I would arrive at the agreed spot about 10 minutes early... - Jiri Kovanda - 1977
Photographie noir et blanc et texte dactylographié collés, sur carton blanc
November 30,1977
Karlovo 30, 1977
Les actions « discrètes » de Jiri Kovanda (quitter une discussion en courant, percuter les passants dans la rue, faire un tas de déchets et les disperser, regarder le soleil jusqu'aux larmes...) sont toujours documentées selon le même format : feuille A4, texte concis tapé à la machine, et quelques fois une photographie prise par une personne extérieure.
Dans cette action, l'artiste est arrivé 10 minutes en avance à un rendez-vous, il se place donc en position d'attendre seul, avant que ses amis ne le rejoignent. Jiri Kovanda introduit des décalages au niveau des usages sociaux du temps, cette action joue notamment avec l'idée de ne pas arriver en retard. Cette oeuvre entre en résonance avec une des dernières actions de l'artiste, un rendez-vous manqué : le 23 janvier 1978, l'artiste ne se présente pas à un rendez-vous qu'il avait donné à ses amis sur une place de Prague, « disparaissant » de ses oeuvres jusqu'en 2000.
Une relation complexe se tisse entre l'action, sa documentation, et son audience, posant la question de leur sens. Ses oeuvres ont été exposées quelques trente ans après leur réalisation pour un « deuxième public ». « Je pense que le message que j'envoyais n'était pas destiné aux personnes présentes quand les actions se déroulaient au moment concret où elles prenaient place. Il était plus destiné à ceux qui les liraient comme des actions. Ce qui m'intéressait était que quelque chose d'ordinaire, de normal, puisse se passer de cette manière. C'est la finalité des actions. Pour moi, elles n'ont pas de signification symbolique » selon les mots de l'artiste.

White String at Home - Jiri Kovanda - 1979
Photographie noir et blanc et texte dactylographié collés, sur carton blanc
November 19-26, 1979. Prague
Cette installation éphémère, de Jiri Kovanda, documentée de la même manière que ses performances par une photographie et un texte, appartient à un corpus d'oeuvres prenant place dans l'appartement/atelier. Au cours d'un entretien avec Hans Ulrich Obrist, l'artiste souligne qu'il n'a jamais eu d'atelier, et que cet espace de travail se confond avec son appartement.
Un fil traverse une pièce en diagonale ; le fil fonctionne comme un échelon, une mesure du temps et de l'espace. Cet élément est récurrent dans les oeuvres de l'artiste : pendant l'été 1979, l'artiste a tendu un fil entre les berges d'une rivière.
L'oeuvre met en présence - en coexistence, en contraste - la géométrie et l'abstraction de la ligne avec des objets quotidiens. Le fil modifie de manière minimale l'espace, qui ne peut plus être perçu dans son unité du fait de cette diagonale. « A l'époque, j'ai beaucoup lu sur le zen. Même la chose la plus ordinaire peut devenir extraordinaire par un petit décalage du contexte. Et plus ce décalage est simple, mieux c'est. Il s'agit juste d'une perturbation d'un stéréotype et de l'intensification de la sensation, du vécu » dit l'artiste dans un entretien avec Guillaume Leingre (« Particule », numéro 18). Ce fil pourrait fonctionner comme un haïku, poème japonais très court qui vise à dire l'évanescence des choses : peut être matérialise-t-il une toile d'araignée, un rayon de soleil, un lien entre deux idées...

Wedges in the pavements - Jiri Kovanda - 1980
Photographie noir et blanc et texte dactylographié collés, sur carton blanc
Autumn 1980
Alsovo nabrezi, Prague

Two Little White Piles - Jiri Kovanda - 1980
2 Photographies noir et blanc et texte dactylographié sur papier
Autumn 1980, Prague

One Small Box filled with dried Red Rhododendron Blossoms, The other small Box filled with dried White Rhododendron Blossoms. - Jiri Kovanda - 1981
Photographie noir et blanc et texte dactylographié collés, sur carton blanc
Spring / Summer 1981
Vinohrady, Prague

Sans titre - Jiri Kovanda - 1992
Sculpture (3 boites en carton). Pièce unique. 18 x 24 cm
Sans titre (1992) répond aux mêmes principes d'économie de moyens que les actions et les installations de l'artiste : trois boites en carton vides qui ont renfermé des pellicules photographiques sont empilées les unes sur les autres. Cependant, il se dégage une harmonie dans l'assemblage des formes, des écritures, des couleurs, des proportions ; une construction esthétique sous-tend cette nature morte contemporaine. Cette oeuvre enregistre le temps qui passe : le carton jaunit, la pellicule devient obsolète à l'ère du numérique. Cette sculpture, dans une dimension méta-artistique, pourrait être un manifeste du travail de Kovanda. Ses actions et ses installations ont un lien particulier avec le médium photographique : elles ne peuvent exister, pour le spectateur contemporain, et en tant qu'oeuvre d'art, que par leur enregistrement et leur documentation. La sculpture semble contenir des oeuvres potentielles en germe dans le creux de la boite, comme la chambre photographique mystérieuse et invisible à l'oeil.