Comme le narrateur de la vidéo appartenant à la collection Kadist « The secret life of things », l'artiste John Menick est un « spectateur professionnel ». Il écrit de nombreux textes sur le cinéma et l'art qu'il publie sur son blog ou dans des magazines. L'artiste, resté en dehors du marché de l'art, est reconnu par de nombreuses institutions et a exposé à la Maison Rouge (Paris), aux Laboratoires d'Aubervilliers, au PS1 (New York), à Artist Space (New York), au CCA-Wattis (San Francisco), au Midway Contemporary Art (Minneapolis).
John Menick est artiste, cinéaste et écrivain. Il est né à White Plains, New York, et vit à Brooklyn, New York.

The Secret Life of Things - John Menick - 2006
vidéo, 6 min
Dans « The Secret Life of Things », le narrateur se présente comme un passionné et expert des films annonçant la fin du monde, et ceux mettant en scène un homme qui découvre à son réveil qu'il est l'unique survivant sur terre. Comme dans certaines oeuvres de Mario Garcia Torres (« The Transparencies of the Non-act », diaporama sur l'artiste Oscar Neuestern, dans la collection Kadist), l'artiste prête son discours à un inconnu. Par une maitrise du montage, il intercale un monologue et des images. Une suite d'extraits, qui entrecoupent son discours, montrent la récurrence du thème au cinéma : depuis René Clair avec « Paris qui dort » (1924), jusqu'à « The Last Men on Earth » (1964) ou « The Omega Man » (1971). Ces thèmes sont récurrents dans la culture littéraire et cinématographique et dans l'imaginaire européen ; « nous avions ce rêve avant, le rêve que nous étions seul ».Ils se sont beaucoup développés dans les années 1960-1970, permettant ainsi d'exprimer les inquiétudes de l'époque (bombe atomique d'Hiroshima, menaces de la Guerre Froide) à travers la fiction. Dès le début de la vidéo, on aperçoit Paris, puis d'autres villes, vides, immeubles, routes et monuments abandonnés. Plus qu'une filmographie sur la fin du monde, le narrateur nous explique que cette obsession est liée aux choses : « Je regardais ces films pour leurs objets, leur accumulation massive d'objets » Que deviendront ces objets, ces voitures, ces maisons lorsqu'ils auront perdu leurs utilisateurs ? Toujours selon le narrateur, ces objets ont justement une autre fonction, une autre identité, « une vie secrète ». « L'histoire du futur est donc notre présent », finit-il par avouer ; ces films annonciateurs sont, avant tout, les témoins de notre histoire.