Le travail de Ceal Floyer réside essentiellement en des manipulations spatiales, parfois à la limite du visible.
Les objets qu'elle emploie sont de simples éléments de la vie courante - sac poubelle, interrupteur, ampoule, bougie, etc. Des objets - sans qualités - qui généralement ne retiennent pas notre attention. Les modifications ou déplacements à peine perceptibles que l'artiste met en oeuvre requièrent du spectateur un examen attentif afin d'appréhender pleinement les mécanismes de l'oeuvre.
Une des constantes de ses oeuvres est le refus du spectaculaire. Les questions d'échelle, de durée, d'intensité, de saturation, d'aberration perceptive et d'illusion sont au coeur de cette recherche où sont utilisés des moyens d'expression aussi ers que l'enregistrement sonore, le dessin, la collection d'objets ou la vidéo.
Ses propositions sont à comprendre comme une prolongation de celles de Robert Barry, Paul Kos ou Terry Fox, formulées il y a plus de 40 ans, et remettant en cause le statut de l'oeuvre d'art. Il y a toujours, chez l'artiste, le désir de réaliser une réduction de la grammaire formelle, dans une interrogation des possibilités et des limites de créer des processus alternatifs de communication et de connaissance.
Ceal Floyer est née en 1968 à Karachi, Pakistan. Elle vit et travaille à Berlin, Allemagne.

No Positions Available - Ceal Floyer - 2007
Dimensions variables. Chaque élément 35x24cm
« NO POSITIONS AVAILABLE », composé de panneaux recouvrant la totalité du mur de la galerie, est exemplaire de la démarche de l'artiste. Le « panneau-signe », ready-made, joue avec les différents sens du titre, aussi bien littéral qu'abstrait. Suivant le niveau matériel et physique, le déploiement du signe dans une logique de répétition, déjà utilisé par l'art minimal et conceptuel, remplit l'espace : il n'y a effectivement plus de place matérielle pour d'autres propositions. Suivant un niveau plus abstrait, Ceal Floyer, comme Jonathan Monk ou Mario Garcia Torres, se penche sur la possibilité de reformuler certaines propositions des années 60 et 70 en réactivant des dispositifs historiquement référencés. Suivant le contexte et le lieu d'accrochage, l'oeuvre, en prenant en compte une réalité socio-politique, fait référence au chômage et à l'absence.
Cette oeuvre, elliptique, ne prend sens que dans le réseau de signification produit par son activation dans l'exposition. Le premier medium de l'artiste est le contexte, entendu comme espace donné où l'oeuvre est visible, et entendu de manière plus large, comme un réseau économique, social, et politique.