Élève de Martin Kippenberger, Tobias Rehberger s'est imposé dans les années 90 comme un des artistes majeurs de la jeune génération allemande et l'un des plus actifs sur la scène internationale. Il a par exemple travaillé avec l'artiste Olafur Eliasson et a présenté son travail dans des expositions personnelles au sein des institutions suivantes: le Museum Ludwig à Cologne, le Palacio de Cristal à Madrid, la Whitechapel à Londres, la Fondation Serralves à Porto ou le Palais de Tokyo à Paris. Tobias Rehberger peut être considéré comme un sculpteur, au sens « classique », tout en questionnant le médium et sa signification aujourd'hui. Proche de l'esthétique du design, il réalise cependant des formes non fonctionnelles comme ses sculptures intitulées « Handicapped » ou « Infections », présentées dans son exposition personnelle à Neuguerriemschneider à Berlin<>en 2006<>. Il réalise des oeuvres selon différentes échelles, depuis des sculptures-objets jusqu'à des installations dans l'espace public comme son jardin japonais à Madison Square Park, le café de la Tate de Liverpool, ou encore la cafétéria de la Biennale de Venise en 2009. Le travail de Tobias Rehberger examine les éléments qui déterminent notre perception - celle d'une oeuvre d'art comme celle du monde qui nous entoure - en ayant recours au design, à l'artisanat, à l'architecture, au cinéma ou encore au paysagisme, comme autant de façons de changer de perspective pour appréhender un objet, une situation ou une personne. Ainsi, le concept de transformation est central dans son travail.
est né en 1966 à Essligen am Neckar, Allemagne.

9 O'clock? (my time is not your time) - Tobias Rehberger - 2007
impression sur verre
« 9'oclock (my time is not your time) » appartient à une série constituée de trois autres numéros : 5, 10 et 11 ; les oeuvres ont été réalisées pour l'exposition « Signs and messages from modern life »dans la galerie londonienne Kate Mc Garry en 2007 ( voir
Liens) La notion de temps est un thème récurrent dans la pratique de Tobias Rehberger. On se souvient de l'exposition 'Night shift' au Palais de Tokyo en 2002 où les oeuvres ne pouvaient être vues qu'à partir du coucher du soleil, explorant ainsi les rapports entre le jour, la nuit et d'autres cycles naturels comme le soleil et la lune, la vie et la mort. Mais dans « 9'oclock (my time is not your time) », le temps devient un motif. L'artiste manipule le chiffre neuf par des jeux d'impression et de typographie sur trois plaques de verres superposées. Selon la position et le regard du spectateur, la forme évolue, jusqu'à déconstruire complètement le signifiant. Il s'agit de représenter un temps subjectif, relatif, qui peut s'arrêter, se figer, ou être pris dans un mouvement continu. Cette oeuvre est caractéristique de la pratique de l'artiste par ses emprunts au design des années 70 (dans le raffinement de sa production, son aspect, et ses couleurs), et par la question de la perception, de la déconstruction, et de la transformation.