Mark Leckey est de la même génération que Damien Hirst mais avec un tout autre parcours. Il a fait partie de groupes de musique alternative et est actuellement professeur d'histoire du cinéma à Francfort. Il a été lauréat du Turner Prize en 2008.
Il s'est fait tout d'abord connaître dans les années 90 avec un film culte « Fiorucci made me hardcore » qui avait pour sujet les clubs anglais depuis le début des années 70. Comme chez Jeremy Deller, les oeuvres de cette époque sont un mélange de culture Pop et de contre-culture.
Une constante dans son travail sera par la suite l'intérêt pour les icônes de notre culture visuelle. Dans une oeuvre récente « Felix gets broadcosted », il s'est intéressé à Felix le chat qui, tout d'abord présent au début du 20ème siècle dans plus de 250 journaux, a été le premier personnage ayant bénéficié d'une retransmission télévisuelle en 1928 à New York. C'est l'histoire d'un héros de bande dessinée qui a réussi sa reconversion du cinéma vers la presse puis vers la télévision avant d'être intégré au système de l'art.
Mark Leckey est né en 1964 en Angleterre. Il vit et travaille à Londres.

Made in Heaven - Mark Leckey - 2004
Vidéo, 2 min
Avec "Made in Heaven", nous nous trouvons face à une apparition sculpturale, une visitation ine dans l'atelier de l'artiste.
Ce n'est pas n'importe quel objet mais une sculpture iconique de la fin du 20ème siècle, le Bunny de Jeff Koons. S'il est question de construction des images, il est aussi question de sculpture, du passage de la bidimensionnalité à la tridimensionnalité. L'intérêt pour l'image en mouvement, avant tout théorique, est aussi une réflexion sur la construction matérielle des images. Il refait pour ce film la sculpture de Koons pour se donner la possibilité de l'expérimenter par lui-même dans son atelier.
Dans beaucoup de ses vidéos, on peut discerner les contours de son atelier et parfois sa propre présence. En référence à Marcel Duchamp, il souhaite créer une ultime Machine Célibataire, ne produisant rien d'autre qu'elle-même en référence à l'autoréflexivité du Pop. Le Bunny est une forme sculpturale dans l'espace mais produit également des images. Il est évident que nous sommes dans une image totalement construite car il est impossible de filmer l'objet sans avoir, à un moment ou un autre, le reflet de la caméra sur la surface en acier. Mark Leckey est intéressé par les possibilités que permettent les nouvelles technologies et met également au coeur de son travail la révélation d'un monde sensible et quasi magique. Par ailleurs, la boucle du film nous place dans un état totalement hypnotique.