Dans ses films, Guy Ben-Ner opère des clins d'oeil à l'histoire du cinéma, aux origines expérimentales du muet, au comique doux-amer de Keaton et Chaplin, ou encore à la Nouvelle Vague de Truffaut.
Depuis 1996, l'artiste se concentre sur sa cellule familiale pour la mettre en scène avec un humour burlesque. Comme Buster Keaton, il endosse les rôles d'acteur-réalisateur, sa femme et ses enfants sont ses seuls autres interprètes, tandis que son appartement fait office de décor improvisé : il utilise le mobilier et les objets dont il dispose, crée une île artificielle dans sa cuisine ou réalise un arbre-maison pour « Treehouse Kit » (2005), où la sculpture participe à l'installation vidéo. L'aspect théâtral du décor participe à la dimension ludique des situations.
Chaque film de Ben-Ner, comme un épisode, participe à un ensemble de fables sur la nature humaine, reprenant des motifs chers à la littérature et au cinéma comme l'île déserte (« Berkeleys Island » 1999) ou Moby Dick (2000).
Guy Ben-Ner est né en 1969 Ramat Gan en Israël.
Il vit et travaille à New York et Berlin.

Wild Boy - Guy Ben-Ner - 2004
Vidéo, couleur, son, 17 min
« Wild Boy » est l'histoire de l'éducation du fils de l'artiste, Amir. Ben-Ner joue lui-même le rôle de l'éducateur qui s'évertue à domestiquer l'enfant.
A travers la métaphore de l'enfant sauvage, Ben-Ner rend hommage à ce thème récurrent de la littérature et du cinéma (du « Tarzan » d'Edgar Rice Burroughs à « L'enfant sauvage » de Truffaut, en passant par « Le Livre de la Jungle » de Rudyard Kipling).
La vidéo s'efforce ainsi de saisir ce moment charnière où l'enfant perd sa part de sauvagerie pour devenir « civilisé », et soulève la dichotomie nature/culture au coeur de la philosophie des Lumières.