Christiane Baumgartner est née en 1967 à Leipzig, où elle vit et travaille.
La pratique de Christiane Baumgartner n'est pas sans lien avec ses origines : l'artiste est issue de la capitale historique de l'édition en Allemagne, et son médium de prédilection s'avère être la gravure sur bois.
Elle prend à revers l'histoire des technologies de l'image, en réalisant d'abord des prises de vues vidéo ou photographiques, qu'elle reproduit elle-même sur de grandes planches servant ensuite à l'impression des gravures. Les sujets représentés sont souvent des infrastructures de transport (routes, tunnels, aéroports...) qui évoquent le voyage, la circulation dans l'espace, et jouent aussi un rôle prépondérant dans les conflits armés ; ces paysages urbains dans lesquels le béton prédomine incarnent la frénésie de vitesse qui accompagne le développement des transports à l'époque contemporaine, par conséquent ils contrastent avec l'emploi d'une technique artisanale séculaire. En outre, celle-ci se caractérise par une extrême lenteur de production, plusieurs mois, voire années pouvant s'avérer nécessaires à la réalisation d'une oeuvre.
Le cheminement artistique de Christiane Baumgartner tisse ainsi une relation complexe au temps, combinant un mouvement de retour vers le passé, une fascination toute contemporaine pour la vitesse et le choix délibéré d'une technique longue et minutieuse.

Formation I + II - Christiane Baumgartner - 2006
Diptyque de gravures sur papier Kozo, 172 x 226 et 180 x 234 cm
« Le diptyque "Formation" est une incursion de Baumgartner dans l'imagerie de la guerre. Alors qu'elle regardait un documentaire télévisé sur la Seconde Guerre mondiale, elle fut frappée par la nature extraordinaire du film couleur et décida de faire un enregistrement vidéo de l'écran. Les deux plans qui en sont tirés représentent les ombres projetées au sol par les avions et le scintillement du soleil sur leurs fuselages d'acier. Bien sûr, les plans suivants montraient les ravages destructeurs causés par le mitraillage de leur cible en Allemagne, mais Baumgartner n'était pas intéressée par cet aspect. C'était la beauté des images qui la fascinait : les tons, les formes et la vitesse.
Les images de la Seconde Guerre mondiale, vues avec des années de distance et dans la sûreté du foyer, sont devenues mythiques. Elles transmettent un héritage historique auquel les jeunes générations se sentent peu liées personnellement. Elles n'ont plus le pouvoir de choquer et sont entrées dans le champ de l'esthétique. [...]
Les images que nous voyons au travers de l'écran de télévision sont esthétisées et leur signification est en quelque sorte neutralisée. [L'artiste] les désarme encore davantage par le biais de Photoshop et ensuite, en transposant l'image en xylogravure. L'image finale est bien loin de provoquer le sentiment ou l'expérience de la capacité destructrice des machines de guerre. »
Extrait de Jeremy Lewison, « At the Still Point of the Turning World », in Christiane Baumgartner, édité par Johan Deumens, 2007, p. 43

Formation I + II - Christiane Baumgartner - 2006
Diptyque de gravures sur papier Kozo, 172 x 226 et 180 x 234 cm
« Le diptyque "Formation" est une incursion de Baumgartner dans l'imagerie de la guerre. Alors qu'elle regardait un documentaire télévisé sur la Seconde Guerre mondiale, elle fut frappée par la nature extraordinaire du film couleur et décida de faire un enregistrement vidéo de l'écran. Les deux plans qui en sont tirés représentent les ombres projetées au sol par les avions et le scintillement du soleil sur leurs fuselages d'acier. Bien sûr, les plans suivants montraient les ravages destructeurs causés par le mitraillage de leur cible en Allemagne, mais Baumgartner n'était pas intéressée par cet aspect. C'était la beauté des images qui la fascinait : les tons, les formes et la vitesse.
Les images de la Seconde Guerre mondiale, vues avec des années de distance et dans la sûreté du foyer, sont devenues mythiques. Elles transmettent un héritage historique auquel les jeunes générations se sentent peu liées personnellement. Elles n'ont plus le pouvoir de choquer et sont entrées dans le champ de l'esthétique. [...]
Les images que nous voyons au travers de l'écran de télévision sont esthétisées et leur signification est en quelque sorte neutralisée. [L'artiste] les désarme encore davantage par le biais de Photoshop et ensuite, en transposant l'image en xylogravure. L'image finale est bien loin de provoquer le sentiment ou l'expérience de la capacité destructrice des machines de guerre. »
Extrait de Jeremy Lewison, « At the Still Point of the Turning World », in Christiane Baumgartner, édité par Johan Deumens, 2007, p. 43