Claire Fontaine est un collectif qui a été fondé en 2004 et vit à Paris. Après avoir tiré son nom d'une marque populaire de cahiers pour écoliers, Claire Fontaine s'est autodéclarée une « artiste ready-made » et a commencé à élaborer une version d'art néoconceptuel qui souvent ressemble au travail d'autres gens. Elle utilise le néon, la vidéo, la sculpture, la peinture et l'écriture, sa pratique peut être décrite comme un questionnement ouvert de l'impuissance politique et de la crise de la singularité qui semblent caractériser l'art contemporain aujourd'hui. Mais si l'artiste elle-même est l'équivalent subjectif d'un urinoir ou d'une boîte Brillo - aussi déplacée, privée de sa valeur d'usage et interchangeable que les produits qu'elle crée - il reste toujours la possibilité de ce qu'elle appelle la « grève humaine ». Á l'âge de seulement deux ans, Claire Fontaine se sert de sa fraîcheur et de sa jeunesse pour se transformer en singularité quelconque et en terroriste existentielle en quête d'émancipation. Elle pousse au milieu des ruines de la fonction auteur, en expérimentant avec des protocoles de production collectifs, des détournements, et la mise en place de ers dispositifs pour le partage de la propriété intellectuelle et de la propriété privée.
Claire Fontaine est une artiste collective qui a été fondé en 2004 et vit à Paris.

Foreigners Everywhere (Italian) - Claire Fontaine - 2005
néon, cables et transformateur, 100 x 10 x 4,50 cm
« John Kelsey : La pratique de Claire Fontaine semble tourner autour du mot 'étranger'... Peux-tu dire quelque chose sur ce concept - si ça en est un - et comment il informe (infecte) tes activités et tactiques ? Claire Fontaine : La série des néons en plusieurs langues 'Etrangers partout' ['Foreigners Everywhere'], par exemple, vient du nom d'un collectif d'anarchistes de Turin qui combat le racisme dans ses multiples manifestations. L'ambivalence de leur nom m'a fait penser aux effets qu'il pourrait avoir s'il avait été matériellement déplacé dans des lieux et des contextes différents. Il est clair qu'aujourd'hui l'immigration et l'émigration sont plus des simples épiphénomènes liés à l'économie. Ce sont des expériences existentielles et perceptives à part entière. Quant à l'étrangeté que nous pouvons tous ressentir devant un monde entièrement fabriqué et gouverné par des logiques insensées, elle peut certainement être un moteur pour la lutte. Dans l'idée de grève humaine il y a beaucoup de choses qui viennent de Brecht, de ce qu'il décrit comme un processus de « devenir étranger » aux rapports de pouvoir qui nous constituent, pour produire - dans cet intervalle du flux normal des choses - des événements. Je crois aussi que dans notre travail l'usage de différentes langues n'est pas une coquetterie. Il vient du fait d'être des gens qui sont nés ailleurs et sont partis sans une raison particulière si ce n'est que celle de ne plus être chez-soi. Dans l'usage d'une langue qui n'est pas la sienne propre se manifestent des contradictions, des rapports de force, des violences, que la langue maternelle noie ou émousse. La lutte avec le sens donne alors forme à ce que Deleuze et Guattari disent trouver chez Kafka, la« langue étrangère dans la langue » et au fond c'est bien celle-ci que les artistes cherchent à parler. Ce n'est que dans cette impropriété qui gît une promesse de communauté ». Claire Fontaine interviewée par John Kelsey, disponible sur le site de l'artiste
:http://www.claireaine.ws