A travers une pratique in situ, souvent dans l'espace publique, ou un travail vidéo (depuis 1998), Dennis Adams s'attache à des personnages ambigus ou condamnés par notre histoire récente pour en révéler les traumatismes ou les phénomènes d'amnésie collective. Des épisodes spécifiques de l'histoire du XXè ou du XXIè siècle trouvent un écho dans une actualité sensible.
Se référant au cinéma ou aux images médiatiques, Dennis Adams exploite la portée idéologique des images, tout en laissant souvent leur sens ouvert : sans clairement affirmer un positionnement politique, il souligne la complexité de l'histoire et laisse le spectateur se faire sa propre idée.
Dennis Adams est né en 1948 à Des Moines, Iowa, USA.
Il vit et travaille à New York.

The End - Dennis Adams - 2002
Diptyque photographique (103x137cm)
Observant le ciel, après le 11 septembre 2001, Dennis Adams a photographié des éléments soulevés par les courants d'air, flottant ainsi au-dessus de la ville de New York. L'identification des objets par l'artiste n'a pu être faite qu'après le développement et l'agrandissement des clichés : on peut lire « He's no terrorist ». La une du journal — signe — renvoie à « l'évènement » du XXIe siècle, et se dévoile seulement dans l'observation des détails de l'image ; la vrille douloureuse du journal pourrait être un bruissement d'aile. La simplicité du procédé donne à l'oeuvre une dimension poétique et prophétique : légers débris d'une société, suspension entre ciel et terre dans l'infini du bleu, tristes nouvelles portées vers un ailleurs, feuilles de papier se délitant. La violence, le fracas et l'horreur sont audibles dans le silence de l'image. Ces débris sont transfigurés en un silence des victimes volant vers une éternité bleue.
L'artiste rend un hommage pudique et douloureux. Il n'y a pas de parti pris, ni de jugement, juste ce vol dans le ciel. Dennis Adams sonde la mémoire collective, l'espace public, le contexte urbain, dans leurs relations à l'art.

Makedown - Dennis Adams - 2004
Installation (1 video et 97 photographies recouvertes de maquillage présentées dans une vitrine en bois et en verre)
Vidéo, couleur, son, 34 min et installation (96 impressions noir et blanc sur papier dans une vitrine)
La vidéo « Makedown » est un plan-séquence de 34 minutes montrant l'artiste en train de se démaquiller face à un miroir. La particularité de la scène réside dans deux détails symboliques : d'une part, le maquillage qui recouvre son visage, ses cheveux et son torse - une épaisse couche couleur kaki, évoquant le camouflage militaire - d'autre part, le papier qu'il utilise pour se démaquiller avec difficulté -des impressions en noir et blanc de photographies tirées du film de Gillo Pontecorvo « La bataille d'Alger » (1965).
Ces images fixes restituent une séquence où une jeune femme algérienne retire son voile pour revêtir un maquillage occidental. Ce travestissement lui permettra de passer plus facilement la frontière pour poser une bombe dans le quartier français d'Alger.
Interdit en France à sa sortie, le film synthétise à la fois un épisode historique et un engagement féministe, tout en permettant aujourd'hui une relecture au regard d'une histoire plus récente du terrorisme.
La vidéo est complétée d'une installation : une vitrine renfermant les 96 photographies imprégnées du maquillage, restes de la performance de l'artiste, comme s'il s'agissait d'un reliquaire.
L'action de l'artiste, réalisant à rebours le geste de la terroriste, déjoue la possibilité d'une lecture univoque de l'histoire.

Makedown - Dennis Adams - 2004
Installation (1 video et 97 photographies recouvertes de maquillage présentées dans une vitrine en bois et en verre)
Vidéo, couleur, son, 34 min et installation (96 impressions noir et blanc sur papier dans une vitrine)
La vidéo « Makedown » est un plan-séquence de 34 minutes montrant l'artiste en train de se démaquiller face à un miroir. La particularité de la scène réside dans deux détails symboliques : d'une part, le maquillage qui recouvre son visage, ses cheveux et son torse - une épaisse couche couleur kaki, évoquant le camouflage militaire - d'autre part, le papier qu'il utilise pour se démaquiller avec difficulté -des impressions en noir et blanc de photographies tirées du film de Gillo Pontecorvo « La bataille d'Alger » (1965).
Ces images fixes restituent une séquence où une jeune femme algérienne retire son voile pour revêtir un maquillage occidental. Ce travestissement lui permettra de passer plus facilement la frontière pour poser une bombe dans le quartier français d'Alger.
Interdit en France à sa sortie, le film synthétise à la fois un épisode historique et un engagement féministe, tout en permettant aujourd'hui une relecture au regard d'une histoire plus récente du terrorisme.
La vidéo est complétée d'une installation : une vitrine renfermant les 96 photographies imprégnées du maquillage, restes de la performance de l'artiste, comme s'il s'agissait d'un reliquaire.
L'action de l'artiste, réalisant à rebours le geste de la terroriste, déjoue la possibilité d'une lecture univoque de l'histoire.