Gabriel Orozco
Présentation
Sur Gabriel Orozco
On pourrait faire le portrait de Gabriel Orozco en artiste voyageur ; sans atelier, il travaille au fil des contextes et produit une oeuvre qui circule. «
Special service » (1997), un collage sur un billet d'avion, manifeste son nomadisme, dans l'entre-deux des géographies. Ainsi, l'artiste, qui est le fils du peintre muraliste Mario Orozco Riviera et qui a reçu une formation traditionnelle à Ecole Nationale des Arts Plastiques de Mexico, questionne - de manière ténue, ou archétypale - les frontières de son identité artistique mexicaine. Dans «
Crazy tourist » (photographie, 1991), Orozco a créé une situation - entre géométrie et chaos - en disposant des oranges sur les tables d'un marché brésilien désert. L'artiste utilise des objets ou des situations « pauvres », trouvés dans le paysage quotidien, naturel ou urbain. Par leur découpage, leur juxtaposition, ou leur collage, il invente des scénarios sémantiques ou sensibles, toujours surprenants, tantôt humoristiques tantôt lyriques... La pratique sculpturale de l'artiste, indissociable de ses dessins, photographies, ou films, invente des relations de l'espace, et perturbe notre perception des objets. Ainsi, «
Yielding stone » (photographie, 1992), boule de plasticine, du poids de l'artiste, roulée dans les rues de New York, « empreinte » et « absorbe ». L'oeuvre d'Orozco se glisse entre les médiums.
Gabriel Orozco
Biographie
Gabriel Orozco
Gabriel Orozco est né en 1962 à Jalapa, Veracruz, au Mexique. Il vit et travaille Paris, Mexico et New York.

Cemetery - Gabriel Orozco - 2002
Photographie (50x80cm)
« Dans l'exposition [Documenta 11, Kassel, 2002], j'ai essayé d'établir des liens avec les photographies que j'ai prises au Mali en juillet. J'ai voyagé au Mali pendant trois semaines et j'ai pris quelques photographies en lien avec mon travail. Elles sont très différentes, mais il existe des liens comme le cimetière de Tombouctou, que j'ai découvert pendant le voyage. J'ai découvert ce cimetière parce que je m'intéressais à la poterie et à la céramique. La recherche des traditions de la céramique était la raison de mon voyage en Afrique au Mali, pour comprendre, apprendre, apprécier ce qu'ils faisaient, car c'est une tradition importante au Mali. Et puis, j'ai découvert ce cimetière à Tombouctou. Il est intéressant de voir comment le travail vous amène à découvrir des endroits que vous n'auriez jamais découverts si vous ne faisiez pas ce travail. Donc, le lien entre ce que vous faites et ce que vous découvrez dans un second temps est très intéressant. Dans cette optique, l'exposition présente d'une part des tables avec des céramiques. D'autre part, des photographies du Mali sont accrochées aux murs. Il n'y a pas de lien direct. Mais, il est évident que c'est la même personne qui s'intéresse à ces choses. Et il y a beaucoup de raisons pour cela. »
1. Gabriel Orozco, entretien disponible sur le site :Art21 www.art21.fr.