Olive Martin et Patrick Bernier collaborent depuis plusieurs années et développent un travail polymorphe alliant l'écriture, le film, la photographie et la performance, centrés autour des questions d'identités, de frontières, de flux migratoires.
Ils s'intéressent à la manière de naviguer sur Internet qui rappelle certains enjeux liés au territoire et observés dans la réalité.
Olive Martin et Patrick Bernier étaient résidents de Kadist - San Francisco en 2010. Leur résidence a donné lieu à l'exposition, «Singing the Net», au Yerba Buena Center For The Arts. Ils y ont également présenté leur film "La Nouvelle Kahnawaké" en avant première et réalisé la performance Traceroute Chant qui a été rejouée à Paris le mercredi 16 mars à 19h, à l'occasion de l'inauguration de Kadist - San Francisco.
Olive Martin est née à Liège, en 1972. Patrick Bernir est né à Paris en 1971. Ils vivent et travaillent à Nantes.

La Nouvelle Kahnawaké - Olive Martin & Patrick Bernier - 2010
film HD, 42'
Le film « La Nouvelle Kahnawaké » explore l'univers du jeu en ligne et prend en considération les nouveaux défis de la loi en lien avec Internet. La Nouvelle Kahnawaké est en partie une fiction, une chanson et un documentaire, qui explore aussi bien notre relation à la figure de l'Indien que la confusion de notre perception face aux espaces créés par les nouvelles technologies de l'information. La Mohawk, rivière emblématique de la « Frontière » au temps de la colonisation américaine, est ici un câble de transmission de données informatiques, et le casino des 777 dragons, l'un des quelques 300 casinos virtuels hébergés sur des serveurs situés à Kahnawaké, petite réserve indienne au sud de Montréal.
Poker, défi aux lois, lutte opiniâtre pour le contrôle d'un « nouveau » territoire où certains laissent leurs
plumes, le film, La Nouvelle Kahnawaké, exploration poétique, s'appuie sur ces analogies avec le western pour interroger à la fois notre relation à la figure de l'indien et le bouleversement de notre perception de l'espace engendré par les nouvelles technologies de l'information.
«Nous ne sommes ni anthropologues, ni journalistes. Nous ne souhaitions pas réaliser un documentaire sur les mohawks. Si documentaire il y a, le sujet ne peut en être que nous. Nous nous documentons.
A titre d'exemple, d'où vient ce qui nous-français-de-France, nous rend sensibles et curieux des indiens d'Amérique, qui nous fait prendre a priori leur parti et qui agace souvent les québécois ?
Notre interprétation de l'article de presse déclencheur du projet - « Le i-gaming menace Loto-Québec» , de Kathleen Levesque, paru en 2005 dans Le Devoir - comme une revanche des Mohawks sur leurs colonisateurs semble procéder de cet a-priori.Une recherche plus poussée sur place, a fait apparaître une réalité moins romantique : les initiateurs, dirigeants et cadres de l'entreprise d'hébergement virtuel de ces casinos (Mohawk Internet Technology) ne sont pas mohawks.