Michel François est né en 1956 à Saint Truiden, en Belgique. Il vit et travaille à Bruxelles.
Figure majeure de la scène artistique contemporaine, Michel François a bénéficié d'une importante exposition rétrospective à l'IAC de Villeurbanne et au SMAK de Gand en 2010. Sa sculpture se veut hybride, elle travestit et manipule la matière qui envahit tous les autres domaines de la création, de la photographie à la vidéo, de l'installation à la performance, au dessin. Le fait de s'être un jour retrouvé sans atelier, a obligé Michel François à expérimenter directement dans l'espace d'exposition. Il y réalise des installations proliférantes, où se télescopent l'ordre et le chaos de ses « accrochages - inventaires », les références high & low culture, l'appropriation, le trouble de la perception, et la dichotomie entre naturel et artificiel. L'oeuvre de Michel François relève d'un vaste système d'analogie, partant d'images ou d'anecdotes plus intimes qui sont transcendées dans la matière, à travers des mises en oeuvres variant du plus sophistiqué au plus brut. Le mouvement y est essentiel, suscitant une oeuvre vivante, calquée sur un modèle biologique. Autour des notions de contamination, de parasitage, se rassemblent des objets et « études » qu'il réalise depuis les années 1980.

Contaminations (Pommes) - Michel François - 2004
bois, fusain sur mur
Dans le travail de Michel François, « c'est l'expérience réelle, physique et affective, qui stimule la création, la chargeant d'une extraordinaire force vitale. C'est aussi elle qui fonde le caractère profondément et clandestinement figuratif du travail » (Guillaume Désanges) La contamination est une constante du travail de Michel François.
L'oeuvre
Contamination (Pommes) part de l'observation qu'une pomme pourrie contamine sa voisine saine. On peut avoir une perception classique de cette sculpture, du fait du travail manuel — les pommes sculptées dans le bois — et du thème de la nature morte, mais l'oeuvre est aussi un dessin tridimensionnel, donnant cette impression que la « nature morte » s'est fait la belle... Elle laisse l'empreinte de son passage sur le mur par une traînée de charbon carbonisé, la marque du temps dans l'espace qui renvoie à la notion d'entropie et paradoxalement au vivant.