Deimantas Narkevicius est une figure incontournable de la scène artistique lituanienne aujourd'hui. Il a eu d'importantes expositions rétrospectives à l'étranger : au Reina Sofia, au Van Abbemuseum ou à la Kunsthalle de Bern et a représenté son pays lors de la Biennale de Venise en 2001. Il a également obtenu le Vincent award avec Francis Alys en 2008. Sculpteur de formation, Deimantas Narkevicius a développé par la suite un travail sur la narration à travers le film et la vidéo. Il considère l'Histoire comme un sujet central de son travail et un matériau vivant ; il joue du double sens du terme histoire, mettant en relation son histoire personnelle avec celle de son pays. Témoin du démantèlement du bloc soviétique et des changements radicaux de la société après la déclaration d'indépendance, Deimantas Narkevicius s'attache à évoquer et à déconstruire cet héritage.
(2005) est devenu un film emblématique de son travail. On y voit les images de Lénine, suspendu au-dessus de la foule à Vilnius, montrées des milliers de fois par CNN ces dix dernières années comme symboles de la désintégration de l'Union Soviétique et de l'échec du communisme. Mais la manipulation opérée au montage nous fait croire que la foule est en train d'attendre et de célébrer l'érection de la sculpture de Lénine. « Il y a donc quelque chose d'effrayant dans la possible répétition d'un passé pourtant pas si lointain. » Deimantas Narkevicius. Ces films retracent l'histoire d'un pays à travers un ensemble de lieux et de portraits : une centrale électrique, une base abandonnée de missiles nucléaires, une femme qui a survécu au ghetto de Vilnius, le sculpteur officiel de l'effigie de Marx, l'acteur lituanien Donatas Banionis, filmé 40 ans après son apparition dans le film
de Tarkovskij. Deimantas Narkevicius déconstruit la linéarité de l'histoire. L'appartenance à la fois au passé et au présent de la narration est réaffirmée par l'utilisation de techniques et de principes stylistiques des films amateurs des années 1970. Ces « récits-documentaires » réalisés avec des équipements anciens renvoient au cinéma de propagande de l'ère soviétique, alors que la distance permise par la fiction lui permet d'actualiser le discours.
Deimantas Narkevicius est né en 1964 à Utena, en Lituanie. Il vit et travaille à Vilnius.

The Dud Effect - Deimantas Narkevicius - 2008
vidéo 16 mm, 15'
Le film The Dud Effect revisite les angoisses d'attaque nucléaire pendant la guerre froide en mettant en scène la mise à feu d'un missile R-14 par un seul soldat sur le site d'une véritable base de lancement soviétique installée en Lituanie. Pour ce film, Deimantas Narkevicius n'a pas utilisé d'animation ou d'effets 3D, c'est plutôt le silence du lieu interrompu par la voix du soldat russe (qui a réellement servi dans une base militaire en Lituanie) qui crée cette atmosphère inquiétante où l'exécution d'un tel acte devient possible.
The war game (1965) de Peter Watkins est une source d'inspiration, puisqu'il démontre une inquiétude personnelle et collective face au danger de la course aux armements nucléaires dans l'Angleterre des années 1960.

The Dud Effect - Deimantas Narkevicius - 2008
vidéo 16 mm, 15'
Le film The Dud Effect revisite les angoisses d'attaque nucléaire pendant la guerre froide en mettant en scène la mise à feu d'un missile R-14 par un seul soldat sur le site d'une véritable base de lancement soviétique installée en Lituanie. Pour ce film, Deimantas Narkevicius n'a pas utilisé d'animation ou d'effets 3D, c'est plutôt le silence du lieu interrompu par la voix du soldat russe (qui a réellement servi dans une base militaire en Lituanie) qui crée cette atmosphère inquiétante où l'exécution d'un tel acte devient possible.
The war game (1965) de Peter Watkins est une source d'inspiration, puisqu'il démontre une inquiétude personnelle et collective face au danger de la course aux armements nucléaires dans l'Angleterre des années 1960.

The Dud Effect - Deimantas Narkevicius - 2008
vidéo 16 mm, 15'
Le film The Dud Effect revisite les angoisses d'attaque nucléaire pendant la guerre froide en mettant en scène la mise à feu d'un missile R-14 par un seul soldat sur le site d'une véritable base de lancement soviétique installée en Lituanie. Pour ce film, Deimantas Narkevicius n'a pas utilisé d'animation ou d'effets 3D, c'est plutôt le silence du lieu interrompu par la voix du soldat russe (qui a réellement servi dans une base militaire en Lituanie) qui crée cette atmosphère inquiétante où l'exécution d'un tel acte devient possible.
The war game (1965) de Peter Watkins est une source d'inspiration, puisqu'il démontre une inquiétude personnelle et collective face au danger de la course aux armements nucléaires dans l'Angleterre des années 1960.