Bien que la pratique artistique de Tacita Dean soit ouverte à tous types de supports, ses films en 16mm font certainement partie de ses oeuvres les plus connues.
Tout en traitant les spécificités propres du médium - notamment la question du temps et du récit, à travers des plans fixes, la qualité plastique des films de Tacita Dean rappelle la photographie ou la peinture, peut-être une réminiscence de sa formation de peintre. Souvenirs et atmosphères passent par une sensualité de l'image, des couleurs, de la lumière.
En reliant le passé au présent, le travail de Tacita Dean est souvent empreint d'une certaine mélancolie : l'artiste s'attache à des histoires, des personnages, ou des reliques architecturales, et interroge la notion de narration en exploitant à la fois les techniques du documentaire et de la fiction.
Tacita Dean est née en 1965 à Canterbury, Royaume-Uni.

Baobab - Tacita Dean - 2002
Film 16mm en noir et blanc, son optique (10 minutes)
« La caméra, qui scrute dans 'Baobab' les arbres ancestraux et imposants de Madagascar, cherche à saisir les effets d'ombre et de lumière propres aux clichés photographiques. »
(Julia Garimorth, 'Tacita Dean, un arrêt sur le temps' in « Tacita Dean », Edition des musées de la ville de Paris, 2003).
Le caractère photographique du film « Baobab » tient non seulement à un traitement très sophistiqué du noir et blanc et de la lumière, mais également à la manière dont chaque arbre est inidualisé au point de créer une véritable série de portraits.
L'aspect monumental et fantastique des baobabs leur confère des personnalités étranges et anthropomorphes.
Complétant l'aspect descriptif du film, la bande sonore s'attarde aux bruits environnants, aux sons des animaux, et participe de cette contemplation paisible. L'aspect immobile, presque fossilisé, du paysage le rend magistral et éternel.